Seule à Dublin

Seule à Dublin

Dublin, les pubs irlandais, la Guinness, la musique celtique… je viens de réaliser un rêve de longue date en y allant!

C’est le film PS I Love You (et tous les autres films montrant des scènes tournées en Irlande), qui m’a donné envie d’y aller, depuis des années.

J’ai pris l’avion de Copenhague pour m’y rendre. Enrhumée, le nez congestionné, j’ai vécu les plus longues minutes de ma vie durant l’atterrissage à cause de la chute de pression qui m’a causé une douleur intense au crâne. J’avais littéralement l’impression que ma tête allait exploser. J’étais seule assise sur mon siège en bouchant mes oreilles et en gémissant « putain, putain, putain » (ouais, je ne dis tabarnak que quand je me pète le petit orteil en allant aux toilettes la nuit, asteur). 

Mais bon, malgré mon rhume, j’étais si enthousiaste en sortant de l’avion, finalement en Irlande! Ma bonne humeur a toutefois été de courte durée en arrivant aux douanes. Les agents irlandais sont encore pires que les douaniers canadiens ou américains! Ils m’ont posé, genre, 8000 questions? Ils voulaient savoir où je me rendais, l’adresse où j’allais dormir, combien de temps j’allais rester, ce que je faisais dans la vie, d’où je venais au Canada, de quel visa je disposais, ce que je comptais faire de mes journées, quels endroits j’avais prévu visiter, etc… Ils ont tiqué quand ils m’ont demandé de montrer mon billet de retour et que je leur ai annoncé que je ne l’avais pas encore réservé…  Alors j’ai balbutié quelque chose comme « I’m probably gonna travel to Brussels, next »…. À voir leur regard suspicieux, je leur ai même offert de booker mon billet de sortie de l’Irlande right on the spot. Finalement, ça les a calmés et ils m’ont étampé mon passeport… en me faisant bien comprendre que si j’étais encore sur le territoire irlandais après la date écrite sur mon tampon, j’allais avoir de gros problèmes en contrevenant à la loi…

Fuck… moi qui serais peut-être restée quelques jours de plus… Ça m’apprendra à voyager à l’arrache! Après ces péripéties, je me suis endormie comme un bébé dans la chambre AirBnb que j’avais louée. Des amis parisiens qui avaient déjà résidé à Dublin m’ont dit qu’elle était située dans un quartier craignos. Pourtant, à deux pas des bars, des restos et des attractions touristiques, même en rentrant le soir, je n’ai pas eu de problème! Ça fait changement de Paris…

Un peu comme à Londres, les gens roulent à gauche et les autobus ont deux étages. Par contre, si vous voulez que le car s’arrête, vous devez le héler, sinon il va continuer son chemin.

Les Irlandais sont tellement gentils! À cause de ma map de touristes mal indiquée, je me suis perdue. Mais je n’ai même pas eu besoin de demander mon chemin aux gens. Rien qu’en remarquant ma face interloquée, ils se sont arrêtés et m’ont demandé où je cherchais à aller.

Ma première journée a été dédiée à mon activité préférée d’introvertie lorsque je voyage: errer dans les rues sans but précis afin de découvrir la ville et m’imprégner de son atmosphère. J’étais aussi contente qu’un enfant dans un Toys’R’Us, littéralement! Et la vue du fleuve Liffey est tellement belle que je m’y serais promenée durant des heures, rien qu’en le longeant!

Le fleuve Liffey, vu de jour. Photo: Leïla Jolin-dahel
Ha’penny Bridge. Photo: Leïla Jolin-Dahel

Je me suis arrêtée dans un pub de Temple Bar en mentionnant au barman que mon rêve avait toujours été de boire une vraie Guinness à Dublin. Le gars a visiblement été content de réaliser si facilement mon rêve! Il m’a expliqué que « la Guinness est une bière qui voyage mal » et que c’est pourquoi elle était meilleure sur place qu’à l’étranger… Ici, elle goûte en effet moins amer qu’à Montréal. Et ils la versent en deux temps, pour ne pas altérer son goût.

C’était la première fois que je voyageais seule, sans rejoindre des amis à destination. Après deux jours d’exaltation, je me suis soudainement sentie comme le personnage joué par Chris Pratt dans le film Passengers. Complètement seule. Je me rends compte à quel point je suis quelqu’un qui a besoin de contacts sociaux pour se sentir bien. J’ai regretté pendant quelques minutes d’avoir laissé ma peur des punaises de lit me faire choisir un AirBnb au lieu d’une auberge de jeunesse. En auberge, on rencontre plus facilement des gens.

J’ai donc fait ce que tous les expatriés français font à l’étranger: trouver d’autres Français avec qui nouer des liens. J’avoue que cela m’a un peu fait sortir de ma comfort zone, mais c’était de loin moins difficile que je ne le pensais. Un simple message dans un groupe Facebook dédié aux Français à Dublin et je me suis trouvé plusieurs partners de bière! J’ai rencontré une foule de gens sympas avec qui j’ai passé des bons moments!

J’en ai même profité pour pogner le sein de la statue de Molly Malone, à l’effigie de la première prostituée de Dublin. Ça a l’air que le fait de lui toucher la poitrine apporte la chance. J’ai donc mis ma classe de côté pour lui attraper fermement un téton! On s’en fout, si c’est vulgaire, tant que ça apporte de la luck!

Comme je quitte demain, je ne reverrai certainement pas ces personnes formidablement sympathiques de sitôt, mais je me dis que si je reviens à Dublin ou qu’ils passent à Montréal, on risque de passer d’autres bons moments ensemble!

Avec eux, j’ai passé trois soirées au Murray’s Pub, où ils jouent de la musique traditionnelle sept soirs sur sept. Avec d’autres, j’ai vu l’Italie se faire torcher par l’Irlande au rugby lors du Tournoi des Six Nations, pour terminer ma bière devant le match opposant l’Angleterre au Pays de Galles. Ça a l’air que les Irlandais détestent les Anglais, en se rappelant la Tan War. Ils supportaient donc tous l’équipe galloise!

Quand j’ai sorti la touriste en moi…

Comme je bossais le jour, je ne pouvais pas visiter les musées, qui fermaient généralement vers 17 heures. J’en ai donc profité pour faire le Dublin Ghost Tour, qui fait le tour des endroits hantés de la capitale irlandaise. L’animateur, entre un torse ensanglanté en latex et une photo de Dracula, nous a également renseignés sur les nombreux écrivains irlandais renommés: Bram Stocker, Oscar Wilde, Jonathan Swift et Samuel Beckett. Il nous a raconté que le fantôme de l’auteur de Dracula hanterait une certaine chambre du Dublin Castle et que l’hôtel Shelbourne logerait au cinquième étage le fantôme d’une fillette, Mary Masters, décédée de la tuberculose…

Le moment le plus effrayant de la tournée est toutefois survenu à la fin. Alors que nous sommes entrés dans le St. Kevin’s Park, le guide nous a raconté qu’avant, sous nos pieds, il y avait un cimetière. La ville a simplement décidé de déterrer tous les corps et de brûler les ossements… Creepy. Mais il y a pire, nous sommes ensuite allés dans la chapelle en ruine du parc. Il y faisait noir et le sol était boueux. L’atmosphère était tellement étrange que j’avais vraiment l’impression que des fantômes rôdaient… On dit qu’un visiteur a une fois « aperçu » un homme pendu au haut du clocher, qu’une autre, médium, s’est évanouie en pénétrant dans la chapelle et qu’un troisième se serait fait tirer une jambe par une main invisible sortie du sol… Disons que, si je n’avais pas été entourée de 30 autres touristes, je serais illico sortie de là! D’ailleurs, en partant, j’ai failli perdre pied trois fois et tomber… Cela ne m’a toutefois pas empêchée de dormir… heureusement, j’ai survécu!

Finalement, je ne pouvais pas venir à Dublin sans visiter la Guinness Storehouse, où la fameuse bière noire est brassée! Comme j’avais perdu mon chemin pour cause de connexion internet de marde, j’ai su que j’étais tout près grâce à l’odeur de houblon si similaire à celle qui embaume l’air d’Hochelaga.

Honnêtement, je recommande cette visite à tous, même aux plus jeunes! Le côté interactif de certaines activités pourra intéresser les enfants, tandis que les amateurs d’histoire en apprendront sur la création de la bière. Au sommet, on peut même avoir une vue panoramique de Dublin en sirotant une pinte de Guinness incluse avec le prix du billet. Merci, carte étudiante pas périmée, j’ai économisé 8 euros grâce à toi! J’ai également appris que le Livre Guinness des Records était une création de l’un des ingénieurs de la brasserie, Hugh Beaver.

Six heures plus tard

Une pinte de Guinness avec ça?

 

Je n’aurai pas eu le temps de visiter l’Irish Whisky Museum, ni d’aller voir les falaises de de Moher, plus loin en Irlande… il va falloir que je revienne (avec un billet de retour pour ne pas me faire emmerder aux douanes, cette fois-là!). J’ai tout de même pu prendre une photo avec un Leprechaun et voir des portes géorgiennes. Et j’ai appris une chose: je suis capable de voyager seule et d’aimer ça. Et ça, ça n’a pas de prix. Pour le reste, il y a Master Card…

 

Avec un peu d’irish luck dans le coeur et bien des Guinness dans l’estomac, je rentre donc quelques jours en France, avant de repartir sur la go vivre de nouvelles aventures! J’avoue que mes petites robes et mes talons me manquent, à force de voyager léger!

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