« Vive la République, vive la France! » (et vive le Québec?)

« Vive la République, vive la France! » (et vive le Québec?)

« Tu ne peux pas être plus québécois qu’à l’étranger », avait déclaré à La Presse le cuisinier expatrié à Paris Laurent Roy Julien. Quand j’avais lu ces mots, je n’ai pu m’empêcher de penser « I feel you, dude ».

Si la fleur de lys est le symbole des Québécois leur rappelant leur héritage français, j’ai appris qu’ici, le peuple l’avait bannie durant la Révolution car il représentait la monarchie…

Les Québécois jouissent d’une bonne réputation, tant à Paris que dans le reste de la France. Malgré les nombreux chocs culturels que j’ai relatés dans ce blog depuis mon arrivée, je peux affirmer que, sauf exception (mais bon, y’a des connards partout dans le monde), la plupart des gens ont été très gentils avec moi.

Si les Parisiens sont moins enclins à la familiarité dès le départ, je réalise que ce n’est pas par snobisme, mais plutôt par pudeur. Toutefois, j’ai eu l’occasion de discuter de plusieurs enjeux politiques, sociaux et culturels avec nos « cousins » des Vieux Pays. J’en viens à la conclusion que nous sommes définitivement plus nord-américains qu’Européens, nous les Québécois. Mais malgré nos différences marquées et la rivalité entre Paris et le reste de la France (c’est fou comme ils se détestent entre eux !), je commence à me sentir à mon aise.

La première chose que la plupart des Français me disent, quand ils entendent mon accent, c’est « Ah ! Vous êtes Canadienne ! Tabernacle ! » Mais depuis que j’ai montré le vidéo d’Elvis Gratton à des collègues, ils se sont mis à sacrer correctement. Aussi, un de mes amis également en France se fait un plaisir de rappeler qu’il n’est pas Canadien mais Québécois, comme certains clament haut et fort qu’ils « ne sont pas Français, mais Bretons ». Ici, le Canada et le Québec désignent la même chose, sans arrière-pensée politique. On me parle de Gerry Boulet, de poutine et du froid, en me refilant de bonnes adresses si jamais le mal du pays me prenait.

J’ai ainsi donc appris que je pouvais aller bruncher au Joe Allen (avec du vrai bacon !) ou manger une poutine avec du fromage qui fait « squish squish » au Great Canadian Pub. Il m’en coûterait toutefois 22 euros pour un œuf-bacon-patates et 13.50 pour une poutine. À ce prix-là, je préfère profiter des terrines et du saucisson en me disant que je me claquerai un déjeuner américain à 5$ à mon retour à Montréal.

Ici, la plupart des Français me regardent comme si j’étais Einstein lorsque je me mets à parler en anglais. On m’a même dit que j’avais l’air d’être une autre personne… Pourtant, j’entends plusieurs Parisiens se démerder aisément de manière fluide lorsqu’ils s’expriment dans la langue de Shakespeare. J’ignore pourquoi, on dirait que leur accent prononcé leur fait honte… Mais la meilleure façon d’apprendre une langue étrangère reste de la parler couramment, non ?

J’ai aussi noté que les tabous ne sont pas les mêmes qu’au Québec. Ici, certaines publicités qui passent inaperçues auraient reçu chez nous une horde de plaintes de diverses associations féministes. Ici, dû à l’Holocauste et, plus récemment, à Charlie Hebdo, les blagues religieuses sont vraiment moins bien accueillies. Mais comme l’humoriste français Pierre Desproges l’a si bien dit : « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. »

Être à l’étranger me rappelle sans cesse d’où je viens, ce qui me permet de consolider mon identité québécoise et mes racines nord-américaines. Cela n’empêche pas le fait que je me verrais bien m’installer éventuellement de ce côté-ci de l’Atlantique, si j’arrive à défoncer quelques portes à travers l’administration française Maison des Fous.

Ce weekend, Milan. Au programme : pizza, muscato d’asti, gnocchis (trop de bouffe !), et Expo universelle. J’ai dans la tête la chanson de Diane Tell, Si j’étais un homme, rien que parce qu’elle parle de « Bergame, juste à côté de Milan » (mon cerveau fait trop de connexions bizarres). Et si j’ai l’occasion, je m’achèterai une paire de souliers fashion. Ciao, I miei amici! Di Lunedi!

PS Je ne parle pas l’italien.

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