Soirée parisienne entre « bros »

Soirée parisienne entre « bros »

J’ai toujours cru à l’amitié homme-femme, préférant souvent la compagnie des garçons à celle des « vraies » filles. Et hier soir, ce sont des bros qui se sont donnés comme mandat de me réconcilier avec Paris. 

Un acteur, rencontré à Montréal par un ami commun. Un flic, connu par l’ami acteur, dans la Ville Lumière. Nous nous sommes rejoints dans le Marais, l’équivalent du quartier gai, afin de trinquer à la vraie bonne bière. Pas celle made in Paris qui goûte l’eau.

À Montréal, j’avais l’habitude de sortir avec mes deux potes, Vince et Dave. Nous étions un trio infernal inséparable… jusqu’à ce que Vince déménage aux States et Dave, à Drummondville. On se voit encore de temps en temps, mais cela doit faire au moins cinq ans que nous ne nous sommes pas réunis, tous les trois.

Ensuite, Marti. Alexandre, de son vrai prénom. Mais ça fait bizarre de l’appeler Alexandre. Marti lui sied mieux. Avec lui, j’organisais toujours des soupers à la dernière minute dans ma cuisine du ghetto du Schlag. Il traînait ses salades chez moi, j’achetais la viande, et on passait à la SAQ prendre une bouteille de rouge… ou au dépanneur acheter de la piquette. Je m’ennuie de nos soirées improvisées. Et tous mes potes à Montréal, hommes ou femmes, me manquent (Allô Sarah, Guillaume, Fanny, Will, Delphine, Marie, Étienne, Laurie, Jennifer, Lionel, Julien et tous les autres que j’oublie!)

Heureusement, je rencontre des gens, ici. Je me fais de nouveaux amis. Lentement, mais sûrement. Un repère de plus à Paris. Des mecs sympas, avec qui je peux déconner. Je suis part of the bros.

Vous savez, le genre de gars qui écoute vos crises existentielles de « vraie » fille sans rien dire, sans donner de conseils à la con qui vont vous faire vous questionner encore plus, sans chercher à juger ou à prendre votre mal sur ses épaules ou à trouver THE remède à vos problèmes, en étant simplement juste là.  Et puis, entre deux de vos respirations semi-hystériques, il ouvre une bière et dit: « Maudit que t’es gossante! Allez, bois. », soulagé de trouver une solution simple à vos monologues-à-mariner-dans-son-caca. Ce genre de mec-là.

Avec les bros, on a donc décidé d’aller traîner du côté du Marais. On a atterri au Black Dog, un bar de metal où il y avait du poil en masse. Les barmen avaient tous les cheveux longs, la barbe pas faite et un t-shirt noir. Comme aux Foufs à Montréal, où j’allais oublier qui j’étais en sautillant n’importe comment dans le trash pit. Avec l’un des employés, la conversation a dégénéré sur les piercings génitaux. Ne me demandez pas comment on s’est rendus là, mais on a ri, en élaborant plein d’images mentales pas très classes et en buvant des bières d’abbaye.

En fumant une clope, sur la terrasse (oui, ici, on a encore le droit!), mon pote flic s’est fait mater par un mec un peu saoul qui cherchait visiblement à passer la nuit moins seul.

– Il est vraiment beau, ton ami!

– Ouais, mais il est matché, et avec une fille en plus.

– Mais il est beau!

Je lui ai conseillé de sortir de Marais s’il cherchait vraiment l’âme soeur. Les ghettos où tout le monde se ressemble, ça entraîne forcément l’adoption de codes superficiels. J’ignore s’il m’a écoutée, mais il est parti tenter de socialiser ailleurs.

– Alors, Leïla, envie d’une poutine à Paris?

Je les adore, ces mecs.

The Great Canadian Pub

Après avoir tenté de réserver au Moose Pub, déjà plein, on a décidé d’aller assouvir notre envie de poutine au Great Canadian Pub, situé dans Saint-Germain-des-Prés, le quartier des bobos, selon plusieurs.

Là-bas, ça parlait anglais. Après avoir trébuché et m’être étalée de toute ma personne par terre à cause d’une marche ratée (le ridicule ne tue pas!), j’ai remarqué qu’un match de football américain sur les écrans géants avait attroupé pas mal de Canadiens. « C’est ici qu’ils se cachent », ai-je pensé.

Je me sentais comme Robin dans la sitcom How I met your mother, quand Barney l’emmène dans un bar canadien à New York. Un retour aux racines, même si les menus sont en anglais, ce qui ferait râler n’importe quel Québécois un peu souverainiste. Moi, je m’en fous. Il y a de la bonne bière et de la poutine et je suis avec des bros, c’est tout ce dont j’ai besoin pour passer une bonne soirée.

La poutine ressemblait plus à celle du McDo qu’à celle de La Banquise, qu’importe. Accompagnée de stout irlandaise, ça faisait la job. Le menu comprend même des chicken wings! Je vais revenir, c’est sûr. La conversation s’est mise à dégénérer sur la politique.

– Tous les mêmes, des connards!

À Montréal comme à Paris, je réalise que les Français n’ont pas une haute opinion de leurs dirigeants. Qu’ils soient de gauche ou de droite, ils semblent tous exaspérés d’un système qu’ils trouvent corrompu. La bière aidant, on a quand même tenté, à défaut de refaire le monde au complet, de trouver des solutions aux problèmes de la France.

Bref, Paris, j’espère qu’il y en aura d’autres, des soirées sympas comme celle-là!

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :