Sauf une fois chez McDo

Sauf une fois chez McDo

En trois mois en France, c’était inévitable, je savais que j’essaierais le McDo français. C’est chose faite. Ce soir, j’ai consommé le fruit de la campagne de promotion de Ronald McDonald.

Moi qui, à Montréal, n’en mange que passé 3 heures du matin, l’estomac bien rempli de substances alcoolisées, en commandant le menu pour enfants, j’ai dû en commander à jeun, le ventre littéralement vide.

Rentrée tard du boulot suite à un événement organisé par ma boîte, je m’étais mise en tête d’aller à l’épicerie. Arrivée quatre minutes après la fermeture de celle-ci, j’ai vu le commis verrouiller la porte du magasin en me jetant un de ces sourires qui signifie : « Dans tes rêves ». J’ai donc poursuivi mon chemin.

À ma droite, l’équivalent d’un dépanneur au Québec ne vendait que des plats surgelés pour quatre personnes. Plus loin, la boulangerie n’avait que des viennoiseries à m’offrir, ayant épuisé son stock de sandwichs durant l’heure du lunch.

Ayant un choix restreint, j’ai décidé d’aller sur la rue passante près de chez moi et d’étudier mes différentes options. Un Kebab où j’avais mangé après avoir trop fêté et qui m’avait fait l’effet d’une tornade dans l’estomac ; un traiteur chinois dont la bouffe semble sécher dans les bacs depuis une éternité ; le Subway (finalement non, il était fermé, lui aussi) ; et pour finir, le McDo.

Armée de courage, laissant tomber l’idée d’un bon petit repas santé fait maison et acceptant l’idée que je ne verrai une bavette de bœuf qu’en rêve ce soir, je me suis dirigée donc vers le McDo sur avenue de Flandres.

En file devant la caisse, une fille a (encore) trouvé le moyen de me dépasser. N’étant pas trop sûre de de commande, je n’ai pas jugé pertinent de lui jeter des insultes sur sa mère, ni même faire de soupir suspect. C’est déjà bien, même affamée, je maîtrisais mieux mon caractère.

Sur le menu, il existe plusieurs items différents du menu canadien. Ici, pas de poutine (of course !), mais un M***, qui ressemble à un burger dans un pain baguette ou d’autres qui portent des noms anglais. L’option de choisir entre des frites ou des patates douces me titillait. Après avoir vu ces dernières dans le plateau d’un client, j’ai choisi les régulières et opté pour le même sandwich que je commande toujours en étant un peu éméchée, question de comparer les goûts canadien et français.

– Bonjour!

– Oui, bonjour! S’il-vous-plaît, j’aimerais un McPoulet. Juste le sandwich, pas en trio.

– Pardon?

– Un McPoulet… Ah, Chicken, ‘scuse.

– Pardon?

– Un MEC CHEEEECKEUN.

– En formule Best Of?

– Pardon?

– En formule Best Of?

– Non, pas en trio.

– Pardon?

– Juste le sandwich. Avec une petite patate, euh, frite, euh, ça. (en pointant les frites du doigt). Pour emporter.

– Pardon?

– To go. Please. To go. Eat. Somewhere else. At home. (en gesticulant de manière pas très gracieuse).

Après cinq « pardons » et dix minutes d’attente, j’ai enfin pu obtenir quelques victuailles pour me sustenter. Ouf ! Le vocabulaire chez McDo est plus complexe à déchiffrer que n’importe quelle conversation que j’aie eue avec des Français à ce jour, où ça allait plutôt bien.

Arrivée chez moi, même en dévorant mon dîner en quatre minutes, j’ai pu remarquer que le goût était différent. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait au poulet, mais il a l’air moins chimique, et le pain est plus moelleux. Ne vous méprenez pas sur mes intentions, je ne suis nullement en train de prétendre que McDo en France est à la hauteur du reste de la gastronomie du pays. Son goût est simplement moins industriel. Ça reste du McDo.

Rassasiée, je me suis déculpabilisée en me disant qu’une fois n’est pas coutume et ai tenté de me rappeler qu’il serait temps que je « dîne » à l’heure française au lieu de le faire à l’espagnole.

 

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