Milano, en franglespagnol

Milano, en franglespagnol

Milan se partage le titre de haut lieu de la mode avec Paris, et avec raison. J’ai passé deux jours dans cette capitale de la Lombardie qui regorge de boutiques de marques, et où les gens ont autant de style que dans la Ville Lumière

Ayant accepté l’invitation d’un ami en un simple échange qui se résume à « Je suis à Milan », et « Yo, j’me pointe », j’ai illico réservé un aller-retour en avion et une chambre Airbnb pour le weekend. L’appartement, coquet et chaleureux, avait une décoration qui m’a tout de suite fait me sentir chez moi. Ma chambre avait un balcon d’où je pouvais admirer les rues milanaises et l’arrière donnait sur une cour intérieure fleurie. Le seul hic : je disposais de cinq clés pour accéder au logis. À travers les diverses portes et grilles que je devais déverrouiller, je me suis sentie comme un héros de jeu vidéo lorsqu’un peu éméchée, je suis rentrée aux petites heures en marmonnant tout bas des sacres québécois chaque fois que je me trompais de clé. À choisir, j’aurais probablement préféré résoudre une énigme du Père Fouras dans Fort Boyard. Mais le labyrinthe de serrures en valait la peine.

 

Vue de la cour intérieure de mon appartement loué sur Airbnb
Vue de la cour intérieure de mon appartement loué sur Airbnb

C’était la première fois que je mettais le pied dans un pays dont je ne parlais pas la langue officielle. Cela a donc donné lieu à d’étranges phrases faites dans les trois autres langues que je maîtrise: « Bonjour ! Donde estan los servicios, please ? Français ? English ? Español ? ». Heureusement, la plupart des gens que j’ai rencontrés parlaient l’anglais ou l’espagnol, quand ce n’était pas les deux. Les Milanais disent Ciao ! à la fois pour dire bonjour et au revoir. Cela m’a surprise, la première fois où un Italien m’a saluée.

Ici, les filles portent des vêtements plus colorés et dévoilent plus de peau qu’à Paris, dans un style qui ressemble davantage à celui que j’ai à Montréal (quand je daigne m’arranger). Du côté des hommes, le pourcentage de ceux ayant les oreilles percées au kilomètre carré dépasse tout ce que j’ai pu voir à ce jour. En portant du parfum et des vêtements griffés, tout le monde semble tout droit sorti d’un magazine de mode estivale. Également, les filles, pour la plupart, portent d’épaisses couches de maquillage : fond de teint, poudre, rouge à lèvre et fard voyants… et parfois même des faux cils ! Le genre de toilette que je n’assume que sur scène. Cela change du conservatisme parisien où les couleurs doivent être portées avec parcimonie… et m’a permis d’oser acheter des vêtements que je ne mettrais jamais à Paris.

Aussi, voitures, piétons et vélos cohabitent dans un bordel aléatoire qui ressemble à celui des Montréalais et des Parisiens. Rien de dépaysant de ce côté-là. Au niveau de la bouffe, on mange aussi bien que dans l’Hexagone, mais pour deux fois moins cher que dans la Ville Lumière. Idem pour les cigarettes, qui coûtent une somme dérisoire par rapport à la France, au Canada et à New York City.

Le papier de toilette est vert, et il y a des bidets dans quasi toutes les maisons. Au restaurant, toutefois, j’ai pu (dû) essayer la toilette turque. Après coup, je peux affirmer que c’est franchement désagréable et compliqué. Je soupçonne les restaurateurs milanais de vouloir dissuader leurs clients de venir se recueillir dans leurs salles de bain.

Je me suis gavée de caprese, de pizzas et de poisson, en troquant le vin français pour celui d’Italie. (Demain, régime). Je n’ai pas eu la chance de goûter à un authentique tiramisu, item qui reste décoché sur ma bucket list. J’ai toutefois pu aller dans un restaurant que je recommande à tous ceux qui passeraient éventuellement par Milan. Malgré une heure d’attente entrecoupée de verres de vin blanc gratuits offerts par les employés, le Pescetto en a valu la peine. Jamais je n’ai goûté un saumon aussi tendre et savoureux. Également, les cafés milanais ont une taille respectable comparativement aux cafés crème français que j’avale en deux gorgées. Si les Français maîtrisent l’art du bon vin ; les Belges, celui de la bonne bière ; les Italiens obtiennent définitivement la palme du meilleur café.

Petit déjeuner milanais
Petit déjeuner milanais

Un retour bordélique

Le lendemain, à l’Expo universelle de Milan, j’ai constaté que cela ne valait pas tout à fait la peine de payer 35 euros. La plupart des pavillons ressemblaient davantage à une vaste campagne de marketing en vendant toutes sortes de babioles trop chères, plutôt que de mettre l’accent sur le contenu.

Travaillant le lendemain, j’ai dû rentrer à Paris dimanche soir. Après mon check-in à l’aéroport, j’ai réalisé que l’embarquement était déjà commencé. Mais quand j’ai vu la file en arrivant à la sécurité, je me suis mise à paniquer. Au moins une demi-heure d’attente alors que mon vol quittait dans vingt minutes.

Après avoir fait pitié en soudoyant une employée en parlant un mélange de « franglespagnol » pour me faire comprendre, j’ai réussi à sauter la file d’attente, en passant pour une sauvage aux yeux des gens qui avaient attendu leur tour normalement. En ramassant mes bagages, je me suis mise à courir plus rapidement que Lola dans Run Lola Run, en bredouillant un « Permetto ? » à chaque fois que je devais bousculer quelqu’un.

Un groupe d’Italiens a tenu à m’encourager avec des « Go ! Go ! » en applaudissant. Malgré ma course et mon essoufflement, j’ai levé les bras en criant « Siiiiiiii ! Grazie ! ». Une scène qui aurait pu figurer dans un film comique. Tout ça pour arriver à la porte d’embarquement et réaliser que mon vol était retardé d’au moins 45 minutes.

En somme, j’ai vraiment apprécié mon court séjour à Milan. Vais-je retourner en Italie éventuellement pour un périple plus long? Assurément. Les Italiens ont ce côté expressif et bouillant que j’affectionne. Irai-je visiter une prochaine édition de l’Expo universelle? Probablement pas.

Plus de photos sont disponibles ici.

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