Lyon: le Nord ou le Sud?

Lyon: le Nord ou le Sud?

Certains disent qu’elle est au nord ; d’autres au sud. Traversée par deux cours d’eau, le Rhône et la Saône, la ville de Lyon dans la région Rhône-Alpes est une des plus grosses villes de France après Paris et Marseille. Ayant une population assez bourgeoise, elle a pour symboles le Lion et un héritage de soie et de guignols.

Un deal inespéré m’a permis de prendre le TGV au même prix qu’un trajet en co-voiturage. En première classe, man ! En deux heures plutôt que quatre, j’étais arrivée à Lyon ! Et comme le hasard fait bien les choses, un ami de la même faculté que moi en stage à Limoges, Philippe, était également de passage dans cette ville de la région Rhône-Alpes.

Mon ancien coloc à Montréal, Nico, et sa copine, Justine, sont revenus vivre en France. Ils habitent un coquet appartement dans le quartier de la Croix-Rousse. De style loft, avec de grandes fenêtres et une mezzanine, le logement aux hauts plafonds était auparavant destiné aux tisseurs de soie, qui devaient disposer d’espace pour installer leur métier.

Le fabuleux destin de Leïla Jolin

En me baladant dans la Croix-Rousse, je suis tout de suite tombée sous le charme de ses nombreuses petites boutiques d’artisans aux vêtements et articles colorés. Dans la vitrine de l’une d’entre elles, un nain de jardin. Sitôt vu, sitôt acheté. Soldé à moins de dix euros, j’ai regretté de ne pas l’avoir trouvé au début de mon voyage en sols européens. Je l’aurais traîné dans toutes mes aventures et en aurais profité pour prendre plein de photos rigolotes. Watch out à mon retour à Montréal… je vois déjà le potentiel créatif de ce minuscule lutin en céramique.

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Arrivée au marché de la Place du Gros Caillou, où les odeurs et les couleurs se mélangeaient dans une ambiance de quartier tout à fait sympathique, j’ai aperçu un musicien ambulant jouer de l’accordéon. Avec mon nain de jardin dans un sac, le fait d’apercevoir un mec à la Yann Tiersen extirper quelques notes de son instrument sur des rues pavées m’a donné l’impression d’être dans le film Le fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Ce long métrage n’aurait pas dû être tourné à Montmartre, mais à Lyon !

Le métro de cette ville est bien plus propre que celui de Paris. Certaines voitures du train possédaient même des sièges à la IKEA et les gens y étaient moins entassés. Fait cocasse : les directions de train annoncent une station (random ?) avec le nom du terminus. Par exemple, à Montréal, il serait écrit sur la ligne orange « Montmorency par Mont-Royal », ou l’inverse… enfin, je n’ai pas trop compris, mais la chance ou mon sens inné de l’orientation (ahem… je dirais la chance) a fait en sorte que je ne me suis pas perdue.

La canicule était aussi humide et collante qu’à Paris. Sur les bords du Rhône, qui est moins pollué que la Seine et où j’ai même aperçu des baigneurs, trônait une piscine. Ces Lyonnais sont chanceux ! Dans la Ville Lumière, on doit se contenter des brumisateurs et du sable artificiel de Paris Plages qui n’a commencé qu’hier, soit un mois après le début des grandes chaleurs.

Je suis passée dire coucou à Justine au Ninkasi sur Guillotière. Ce restaurant, qui ressemble à un mélange des Trois Brasseurs et de la Cage aux Sports, sert de la bouffe américaine et de la bière maison. Une chaîne originaire de Lyon en pleine expansion, à ce qu’on m’a dit. Justine m’a servi un ÉNORME café au lait, en sachant que les énormes doses de Montréal me manquaient. Il y a bien des Starbucks, en France, qui en servent, mais bon… Justine m’a toutefois confié qu’elle s’ennuyait des bagels St-Viateur fraîchement sortis du four de la métropole québécoise. Ceux d’ici ressemblent davantage à des pains hamburger avec un trou au milieu. Comme quoi on ne peut pas tout avoir. Mais de mon côté, avoir à choisir entre le vin, le fromage et le saucisson ou la poutine, les bagels, et les chicken wings, j’opte pour la première option (même si le bacon me manque autant que les gros cafés !)…

Promenade dans le Vieux Lyon

Avec Philippe et Nico, nous sommes allés nous balader dans le Vieux Lyon. Là-bas, nous avons pu nous faufiler incognito dans une traboule privée. Il s’agit d’un petit passage piétons traversant des cours d’immeuble. Les traboules étaient utilisées entre autre par les membres de la Résistance française durant la 2e Guerre mondiale et on en compterait plus de 500 à Lyon.

En fin d’après-midi, l’orage nous a surpris (c’était le deuxième de la journée après celui du matin où, encore endormie, j’avais baragouiné un charabia incompréhensible à Justine qui fermait les fenêtres de l’appartement). Le temps de nous mettre à l’abri dans une péniche – un type de bateau qu’on trouve le long des fleuves en France – transformée en bar et d’être rejoints par Justine, nous avons cherché sur internet un vrai bouchon lyonnais en buvant de la bière. En fumant une cigarette sur le pont du bateau, j’ai été émerveillée par la vue de cygnes se baignant calmement dans le Rhône. Ces oiseaux sont, pour mon œil québécois, aussi exotiques que les écureuils montréalais pour les PVTistes français fraîchement débarqués dans la Belle Province. Je me suis mise à prendre plein de photos malgré le ciel qui pleurait sa vie. Il est à noter que des lézards arpentent également les ruelles de Lyon. Dépaysement total pour la fille boréale que je suis.

Notre Maison

L’authentique bouchon lyonnais Notre Maison a des airs de cabane à sucre. Nappes à carreaux rouges et blancs, décor champêtre, bouffe copieuse… Avant de commander, la serveuse a déposé sur notre table des grattons. Ceux qui aiment les oreilles de crisses du Temps des Fêtes vont apprécier (même si j’avoue que ce n’est pas mon cas) !

Saucisson lyonnais, quenelle, joue de bœuf… les portions sont généreuses à Notre Maison, qui a écrit sur son menu que « la salade, c’est pour les chèvres ». Avec une bouchée de tarte aux pralines volée à Philippe, j’avais « les dents du fond qui baignent », comme disent les Français. Heureusement, la maison est au courant que la digestion doit suivre son cours. Elle offre donc à tous ses client un digestif. En ayant une bouteille d’alcool fort posée sur la table, il y a possibilité de se servir une deuxième, puis une troisième fois, si l’estomac ne se vide pas assez vite.

En rentrant à Paris en TGV, mon accent a fait la journée du contrôleur de la SNCF. « Une Québécoise à bord !» qu’il a crié. Après m’avoir promis qu’il irait visiter Montréal en été (il va crever sous la canicule) ET en hiver (il va pogner une engelure, le pauvre), il a évité une contravention à une passagère qui n’avait pas son billet. Elle aurait dû me remercier ! 😉

C’est donc avec un nain de jardin que je cherche à baptiser que je suis rentrée à Paris. J’avais pensé l’appeler Grand Schtroumpf, mais mes collègues ont souligné le fait qu’il n’avait pas la peau bleue. J’attends vos suggestions, à la fois vulgaires et rigolotes, si possible (genre que mon chat s’appelle Guidoune et que j’ai hélé son nom quand elle s’est sauvée dans HoMa… si ça peut vous donner des pistes).

 

Pour les photos, c’est par ici !

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