Le bout du tunnel administratif

Le bout du tunnel administratif

Après ma première tentative infructueuse d’ouvrir un compte bancaire français, j’ai décidé de me ré-essayer ce matin. Perdue dans les dédales de papiers et de procédures, j’ai tout de même réussi à faire défoncer mon chemin.

Samedi matin, 11h, je me suis présentée à la banque située au coin de ma rue. Après avoir attendu près de 20 minutes avant qu’un employé ne se présente au local attitré aux opérations bancaires, j’ai dû monter la garde pour éviter de me faire dépasser comme la dernière fois.

Une fois entrée dans le bureau, ayant tous les papiers requis en main, on m’a annoncé que ce n’était pas suffisant. Voici une petite liste comparative entre les documents requis par les banques canadiennes versus celles situées en France :

Canada

  • 2 pièces d’identité valides, dont une avec photo

France

  • 1 pièce d’identité valide
  • un justificatif de domicile (qui équivaut à leur formulaire maison car ils n’ont pas accepté la déclaration faite par la dame chez qui je loue une chambre)
  • une facture récente originale
  • une attestation d’hébergement
  • une pièce d’identité originale de la personne qui détient le bail ou l’avis de propriété

En revenant bredouille, après avoir lancé ironiquement au banquier que les procédures canadiennes étaient de loin plus simples, il m’a regardée d’un drôle d’air qui signifiait « mais qu’est-ce qu’elle y connaît, elle ? » Ça doit être à cause de mon piercing au sourcil gauche qu’il n’a pas vraiment réussi à s’imaginer comment j’avais pu travailler dans la finance pendant des années, à Montréal.

En gros, toutes ces procédures administratives sont pour « éviter le blanchiment d’argent ». Allô ? Geler des fonds, posséder un département de fraude qui vérifie les transactions louches ? Bref, en discutant avec eux, j’ai compris à quel point ils étaient sûrs que leur système était le « meilleur du monde » et que leur opinion n’allait pas changer, (allez au Canada pour comparer, bande de c***).

En revenant chez moi, la dame chez qui je loue une chambre a gentiment accepté de m’accompagner à la banque pour fournir les pièces manquantes. C’est fou comme à quel point les banquiers ont pu chercher à faire en sorte qu’elle devienne leur cliente. Il faut dire qu’ils ne feront pas vraiment d’argent avec moi… j’ai refusé leur carte bleue (l’équivalent de la carte de crédit, au Canada) et je n’ouvre de compte que pour déposer mes indemnités de stage.

De retour à la banque, j’ai surpris le banquier, qui ne s’attendait visiblement pas à me revoir de sitôt. J’en ai profité pour le gratifier de mon plus beau sourire, l’air de dire « Non, j’en ai pas fini avec toi. Alors, on l’ouvre, ce compte? »

En entamant (finalement) les procédures, j’ai vu la face du banquier quand il m’a demandé ma situation matrimoniale. Célibataire, sans enfants. En stage, à 30 ans. Son sourcil levé suite à cette annonce m’a culpabilisée comme si le fait de vivre selon mes envies devenait un problème d’ordre social.

Enfin, après 30 minutes où je me suis sentie comme si j’avais été interviewée par un agent de la Gestapo, avis partagé par la dame qui m’accompagnait, j’ai pu ouvrir mon compte. C’est fou comment ici, toutes les signatures apposées sur un papier me donnaient l’impression d’être en train de passer chez le notaire acheter une maison (je n’ose imaginer à quel point ça doit être compliqué, ici).

Ouvrir un compte : ACHIEVEMENT UNLOCKED.

Carte vitale : à suivre dans un prochain billet.

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