Le blues de l’expat

Le blues de l’expat

Ça y est, j’ai désormais posé mes valises à Levallois-Perret, à une rue du « vrai » Paris! Si le fait d’avoir enfin défait mes bagages me soulage, j’éprouve tout de même depuis quelques jours ce que plusieurs appellent « le mal du pays ».

J’avais sous-estimé le choc que j’allais éprouver en revenant en France. Ce sentiment, je l’avais déjà ressenti quelques jours durant mon premier séjour dans la capitale du pays, il y a deux ans. Ce mal-être était passé au bout de 72 heures, après une bonne crise de larmes nocturne (oui, je suis une hypersensible).

Je tente tant bien que mal de trouver mes repères, à travers le bruit des scooters que j’entends depuis ma chambre et mon accent d’étrangère qui résonne aux oreilles des locaux. Non, ce n’est définitivement pas la même chose que d’être une Québécoise au milieu de Français à Montréal et d’en être une entourée de Parisiens, en France.

Chez moi, j’avais quand même l’assurance d’être une « fille de la place ». C’est moi qui étais la connaisseuse, qui faisait découvrir aux autres « the places to be, the things to see « . Ici, je ne reconnais rien de similaire à Montréal, sauf peut-être la langue, et encore…

Mes amis à Montréal me manquent. Hier, ils ont fait une soirée où j’étais invitée (comprendre sur Skype, à minuit), et j’ai eu le coeur gros. C’est vrai, ici, les gens sont sympathiques, ici. Ma coloc me fait découvrir plein de choses, tous ont l’air de m’adorer rien que parce que je viens de Montréal, mais… ce n’est pas comme « chez nous ».

Ici, c’est moi qui ai un accent. C’est moi qui suis une étrangère. C’est moi qui dois m’adapter. Et c’est plus dur que je ne le pensais.

Mes amis à Montréal trouvent que j’ai beaucoup de courage d’avoir tout laissé en plan, deux fois plutôt qu’une, pour partir à l’aventure. Souvent, en confond le courage et l’inconscience. Je suis en train de me demander lequel des deux m’a poussée à tout quitter.

Je me console en me disant qu’au Québec, les températures ont déjà des airs d’automne, avec les premiers gels qui arrivent sur certaines régions. Je tente de me rappeler mon écoeurantite aiguë de la métropole québécoise durant l’hiver, où je ressentais le même vide que j’éprouve en ce moment. Ça a l’air que j’ai traîné un bagage émotif en plus des deux valises que j’ai emmenées avec moi, ici.

«Profite! », me disent mes amis, restés au Canada. Je leur réponds « oui, oui! » en me demandant bien comment je vais faire, encore chamboulée par tous ces changements. Ma petite voix intérieure me dit que ça va passer, mais ignore quand. Elle me rassure en me répétant que mes remises en question sont normales… Ah, si je pouvais en être convaincue!

J’ai prévu revoir des amis au courant de la semaine, quelque part sur la ligne 14 du métro parisien. Ensuite, je quitterai pour la Bourgogne, le temps d’un weekend pour célébrer le mariage d’un ami canadien et d’une amie française (ça me donne espoir…). Et, si tout va bien, je me rendrai ensuite à Biarritz voir une amie de Montréal en vacances. Au menu, la plage, le soleil et… l’accent de chez nous.

À suivre…

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