La Provence ou comment se réconcilier avec Noël

La Provence ou comment se réconcilier avec Noël

Aix-en-Provence. 25 décembre. Noël est comme mes amis français me l’ont décrit: on mange et on boit du midi jusqu’au soir.

Alors qu’il fait un froid terrible à Montréal, je ne regrette pas du tout ma décision d’avoir décidé de passer l’hiver en Europe. Il y a un an, jour pour jour, je me sentais déprimée et écoeurée de l’hiver. J’avais donc pris la décision, énorme, mais libératrice, de partir.

Je ne regrette rien.

Météo du 28 décembre 2017. Photo: Capture d’écran – Météo Média

Cette année, donc, au lieu de vivre une éternelle crise existentielle due à la dépression saisonnière, j’ai profité du sud de la France, grâce à une invitation de mon amie Charlotte.

En France, on mange dès midi et on continue jusqu’au soir. J’ai tôt fait de comprendre que, si je voulais tenir jusqu’à minuit, il me fallait manger un peu, souvent, avec parcimonie. Un marathon de bouffe au lieu d’un sprint pour ne pas me défoncer l’estomac.

Les plats traditionnels de Noël en France sont bien différents de ceux du Québec. Au lieu de la traditionnelle tourtière et du ragoût de boulettes, j’ai eu l’occasion de goûter le le chapon. Avis aux végétariens, ce type de plat consiste en un poulet qu’on castre pour faire grossir. Une barbarie pourtant si délicieuse!

C’est de loin une volaille avec plus de goût que le poulet ordinaire. Accompagné de girolles et de petites patates, ce plat fondait littéralement dans la bouche!

Au menu: chapon, girolles et petites patates. Photo: Leïla Jolin-Dahel

Il ne s’agissait que du plat principal… avant, nous avons eu droit à des huitres (non, vous ne me ferez pas manger des mollusques vivants!), du saumon fumé et du foie gras. En ce qui a trait à ce dernier, je préfère celui cuit à celui poêlé ou mi-cuit… Question de goût 😉

 

 

 

 

 

En entrée, des huitres! Photo: Leïla Jolin-Dahel
Encore en entrée: du saumon fumé! Photo: Leïla Jolin-Dahel
Une troisième entrée… du foie gras! Photo: Leïla Jolin-Dahel

Je n’ai jamais autant mangé ni bu de champagne de toute ma vie! Au Québec, je passais pour l’alcoolique de service, en buvant mon verre de vin tous les soirs. Ici, je suis incapable de maintenir le rythme des gens qui m’entourent! Sitôt vidé, mon verre est rempli par quelqu’un, qui me dit que je dois continuer à boire… Allez, un peu d’eau et on continue!

J’ai dû prendre un bon 2 ou 3 livres en seulement quelques jours et mes pantalons sont un peu plus serrés… Depuis mon arrivée en France, j’avais perdu quelques kilos, même en buvant du vin à tous les jours et en mangeant du fromage. Or, tout ce que j’ai mangé depuis le 22 décembre se rend directement dans mes fesses… Régime obligatoire après les Fêtes!

Marseille sous le mistral

Au lendemain de notre journée festive pleine d’excès, nous sommes allés nous balader à Marseille, capitale de la Provence. Si cette ville a mauvaise réputation en raison des bandits qui s’y trouvent, elle a toutefois beaucoup de charme! Contrairement à ce qu’on en dit, je n’ai ressenti à aucun moment un sentiment d’insécurité en me promenant dans les petites rues de cette ville au bord de la mer.

Avec ses 10 degrés, la température était toutefois très fraîche en raison du mistral. Ce vent froid donne littéralement la migraine, en pénétrant dans notre oreille interne… « Il caille sa mère, putain », est une phrase que mes amis et moi avons répété sans arrêt, au risque de paraître vulgaires.

Charlotte et moi. Photo: Leïla Jolin-Dahel

À Notre-Dame de la Garde, j’en ai profité pour allumer un cierge, en demandant à ma grand-mère et à l’Univers de m’amener un petit Français à épouser… Voyez-vous, c’est que je veux rester ici, en France. Pas à Paris, mais n’importe où ailleurs! Je ne suis pas très bonne pour prendre des décisions dans ma vie, mais je sais une chose: je ne veux plus passer mes hivers au Canada.

En espérant que le petit Jésus, ou Notre-Dame, ou une présence spirituelle quelconque m’ait entendue dans l’autre monde pour m’exaucer….

Ouaip. J’ai allumé un cierge pour la luck. Photo: Leïla Jolin-Dahel

Le fait de passer Noël si bien entourée m’a un peu réconciliée avec le temps des Fêtes. À Montréal, depuis la mort de ma grand-mère, j’étais souvent prise d’un sentiment de solitude ressemblant à un trou noir dès le 1er novembre et ce, jusqu’au 28 février. Ici, même à 6000 kilomètres des miens, je ne me sens pas seule et cela fait chaud au coeur.

« Je suis loin, je suis bien et je bois du putain de bon vin », que je me suis dit.

Comme j’ai promis de retourner en Corrèze pour le Nouvel An, j’ai dû quitter en matinée très tôt, mais je garde un souvenir inoubliable de ce Noël provençal, qui m’a remplie de joie. Et c’est le plus beau des cadeaux que j’aurais pu recevoir cette année!

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