La garde-robe parisienne

La garde-robe parisienne

« Dis-moi ce que tu portes, je te dirai d’où tu viens », cette phrase résumant à elle seule le radar de style qu’une de mes amies, typiquement parisienne, semble posséder de façon innée.

Paris, capitale de la mode. On m’avait dit qu’ici, les gens portaient davantage attention à leur apparence et possédaient un look plus conservateur. J’ai donc laissé mes chandails de geekette et mes jupes multicolores à Montréal, en emportant avec moi des vêtements aux teintes monochromes, qui me ressemblent juste assez mais encore trop peu.

De ce que j’ai compris jusqu’à présent, les Parisiens typiques ne sont pas forcément classiques au niveau du look. On retrouve autant de genres vestimentaires qu’à Montréal dans les rues. Mais ici, le style se voit dans les détails : la façon dont une jupe est portée, le bijou qui manque ou de trop, la mèche placée d’une certaine manière… qui mènent à un résultat savamment nonchalant.

À Montréal, il m’est souvent arrivé de me présenter à mes cours coiffée de deux horribles tresses car j’avais la flemme de démêler mes cheveux. Bien trop de fois, l’hiver, je m’habillais des vêtements qui me tombaient sous la main, à la recherche de confort plutôt que de style.

Ici, c’est l’inverse. Je me regarde vingt fois dans le miroir avant de sortir de chez moi, cherchant encore à démystifier ce je-ne-sais-quoi qui fait qu’un look est réussi. On est loin de mon Sweet Home Hochelaga, où j’allais régulièrement faire l’épicerie vêtue d’un pyjama.

Rien que le fait de devoir me rendre à la pharmacie, les yeux démaquillés et rougis par les allergies menaçait de mettre mon orgueil en péril. Le verdict du pharmacien est tombé : pas de lentilles cornéennes ni de maquillage pendant une semaine. Autant signer l’arrêt de mort de mon ego.

J’ai pensé m’acheter des lunettes de soleil pour cacher mes yeux qui me donnent l’air d’avoir fumé un joint. J’aurais ainsi pu contourner le problème en ayant l’air d’une pseudo rock star même à l’intérieur…

Mais en attendant de parfaire mes leçons de style, je ne vois d’autre solution que de tenter de retrouver ce je-m’en-foutisme que je possédais à Montréal. Tant qu’à faire dur pour la semaine, aussi bien l’assumer.

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