Immigrer en France: mission impossible?

Immigrer en France: mission impossible?

Mes aventures en sols français s’achèveront bientôt. Trop contente de mon séjour ici, j’envisage sérieusement l’idée de revenir m’installer après mes études, en janvier 2017. Mais les perspectives ne s’annoncent pas roses.

Être diplômé

Premièrement, les perspectives d’emploi ici sont de loin limitées. Au Canada, il est facile de trouver un boulot et de démissionner pour en trouver un autre rapidement. Il est également très courant de se ré-orienter professionnellement, chose que j’ai faite. Après un baccalauréat (une licence française) en musique, j’ai bossé comme courtier à escompte dans une institution financière (oui oui, il suffit d’avoir un diplôme universitaire et de passer l’examen pour obtenir le permis de l’Autorité des Marchés financiers). Mais, ressentant un énorme besoin d’apprentissage, de culture, d’évasion, de couleurs, de spontanéité… name it, à assouvir, j’ai décidé de retourner sur les bancs d’école, après y avoir longuement réfléchi, afin de rendre mon quotidien plus représentatif de ma nature profonde (I’m a rationnal artist, with a geeky side, man !). Malgré une équipe de collègues et une cheffe extraordinaires, j’ai rétrogradé de poste volontairement afin de poursuivre mes rêves… encouragée par mes co-équipiers (même si ma mère a failli fait une crise cardiaque quand je lui ai annoncé que je laissais tomber une carrière prometteuse).

En France, sans diplôme (et sans expérience), personne ne t’engage. J’étais déjà au courant de cette réalité avant de venir tester le terrain pour un stage. Comme je cumule les expériences dans le milieu journalistique depuis le début de mes études, l’expérience ne devrait pas poser problème… le diplôme non plus, puisque je compte l’obtenir. Et je parle anglais (un des bons côtés du bilinguisme… sans arrière pensée politique, please !), chose qui serait très prisée à Paris, à ce que j’ai cru comprendre.

C’est par rapport aux autres aspects que ça se gâte…

L’absence d’information

J’avais déjà pensé effectuer un semestre d’étude dans l’Hexagone durant mon baccalauréat en musique. Or, ici, pour la musique, il n’y avait que le Conservatoire… ou les études de musicologie. En interprétation jazz: les grandes écoles. Et encore, durant mes études, elles étaient méconnues. J’avais donc repoussé mon projet d’aller dans « les Europes » à plus tard.

Si pour les Français désireux de s’installer au Canada, une foule d’informations sont disponibles sur le web en plus de réunir une communauté d’expats tissée serrée, l’inverse est loin d’être vrai. Sur le site de PVTistes.net, plein de renseignements sur les procédures pour s’installer au Québec, les assurances, les permis, les bons plans, les lois, les prix, la culture, etc… Mais rien sur la France.

Une amie française revenue dans l’Hexagone m’a également confié que « la France ne veut pas d’immigrants ». Elle ne fait que dire tout haut comment le système fonctionne. Mais, come on ! Je parle français, je veux revenir en étant diplômée, j’ai déjà testé le terrain, je veux contribuer à l’économie et payer mes impôts (plutôt que de « gruger » le système, comme ils disent par ici… En Québécois, cela signifie être un Bougon ou fourrer le gouvernement). Et je suis amoureuse de la France (sauf pour la crisse d’administration de marde, sorry).

Même les citoyens français partis à l’étranger auraient de la difficulté à revenir… Pas étonnant que plusieurs quittent, et pour de bon. Je songe sérieusement à péter une coche sur Twitter comme Courtney Love à propos des taxis parisiens, en sommant le président français de se bouger le cul pour que ça change (Let’s dream about it).

Tentatives de solutions

Face à ces embûches, j’ai élaboré un plan qui se décline en plusieurs options.

PLAN A : Revendiquer ma citoyenneté française de par mon arrière arrière arrière arrière arrière arrière arrière arrière grand-père né dans le Poitou et venu s’installer en Nouvelle-France. Qu’est-ce qui lui a pris d’aller en Beauce ? Sorry, Beaucerons, mais tant qu’à quitter les rives de Larochelle pour aller voir si le gazon est plus vert ailleurs (le voyage est dans mon sang, je vous dis !), il aurait dû s’installer à New Orleans (française à l’époque) ou, au pire, en Acadie, même s’il fait frette. Au moins, y’a la mer. Je pourrais également revendiquer des origines de la Basse-Normandie et j’ai aussi une aïeule… parisienne. (LOL)

PLAN B: Seriously, tous les Français et les Québécois dans l’Hexagone à qui j’ai demandé « Yo, comment on fait ? » m’ont dit que la façon la plus simple restait le fait d’épouser un Français… J’aurais l’impression de venir d’un pays en état de guerre si je faisais un mariage blanc. Pour mon ego, hors de question ! Toutes mes blagues sur les « De Quelque Chose » riches sont aussi sérieuses que mes volontés de trouver un Sugar Daddy à Montréal quand je vois des annonces de lofts exorbitants sur Kijiji. Je veux un VRAI happy end et un cœur qui fait boum boum.

Il me reste donc moins d’une dizaine de jours pour trouver l’Homme de ma Vie de qui tomber amoureuse et  réussir à le séduire afin d’obtenir mes papiers. Autant acheter un billet de Lotto, rendue là.

J’en entends déjà certains se dire (dont ma mère, qui souhaiterait tellement que sa fille reste près d’elle) « Mais y’a plein de Français à Montréal ! » Oui, mais ils se sont barrés de la France pour une raison et, en général (faire sondage pour prouver mes affirmations), ils n’ont plus rien à crisser de leur retour en France et sont dans la même situation que moi, mais à l’inverse : ils veulent rester dans le frette québécois/canadien car l’administration française les a presque fait interner dans un hôpital psychiatrique (ça et autres problèmes de la France qui ne me dérangent pas trop, jusqu’à présent) (oui, j’aime les parenthèses).

Anyways, je trouve que la solution du « mariage » pour rester dans un pays est so 1950, stupide et facile à contourner pour quelqu’un qui est un peu bright (mariages blancs, man… c’est facile de truquer des photos sur les réseaux sociaux de nos jours et de laisser une brosse à dents et quelques vêtements chez un mec pour faire croire qu’on vit là).

PLAN C RÉALISTE: prendre rendez-vous avec le Consulat français à Montréal. Mais comme ses fonctionnaires sont aussi esclaves (sans doutes que certains sont aussi complices) de l’État, je risque d’avoir peu d’informations et de crouler sous les papiers administratifs. Essayons quand même. (J’espère sincèrement que personne du Consulat ne lira ce billet et qu’ils seront tous sympas avec moi !)

Ça, ou trouver un Français cute à Montréal qui veut revenir en France (ouais… c’est ça…)

Mais comme j’ai réussi à trouver un stage sur Facebook, un appartement intra muros pas trop cher avec des colocs sympa durant mon séjour actuel, et que les Français aiment généralement les Québécois (c’est réciproque !), je vais quand même essayer le PVT. Seul avantage jusqu’ici : pas mal moins de Québécois prennent le PVT français, comparativement aux Français qui viennent s’installer au Canada. La première étape sera donc facile… (au moins, crisse).

😀 😀 😀 (sourire de fille qui veut revenir en France, acceptez-moi !)

PS Si je me marie (parce que je suis pas contre l’idée du mariage, mais il faut que ce soit une fiesta et non une cérémonie pompeuse et soporifique), ce sera par amour. Et comme j’aime la France… Je croise mes doigts afin de trouver un Français cute, drôle, intelligent et gentil qui ne soit pas traumatisé par ma spontanéité désarmante, ma diarrhée verbale et mes jokes parfois vulgaires et/ou glauques. Mais bon, l’amour ne se contrôle pas, pas même celui que j’éprouve pour la France ! Je t’aime, République française ! Telle que tu es, malgré ton administration de marde et ton andouillette qui a le même goût que tes procédures administratives!

Photo de couverture: Pierre Verdy/AFP (je sais pas si j’ai le droit de l’utiliser, mais comme ce blog n’est pas commercial, fuck off!)

 

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