Garder le focus et apprivoiser son « tayeule » intérieur

Garder le focus et apprivoiser son « tayeule » intérieur

« Alors, Leïla, quand est-ce que tu pars? » Cette question revient sans cesse chez mon entourage. Si je peux affirmer avec certitude « le 14 août! », j’ignore quoi répondre quand les gens me demandent plus de détails sur mon itinéraire précis et ma date de retour.

« En février ou en mars », que je dis, ne sachant nullement si je reviens pour liquider mon stock et repartir ou pour rentrer à Montréal pour de bon (nooooooon!!!).

Trouvez l’erreur. Durant mes études, je regardais constamment les billets d’avion en rêvant de retourner en Europe. Maintenant que c’est fait, maintenant que je suis sûre de partir à l’aventure, j’épluche les offres d’achat de lofts sur Montréal et les taux d’intérêts sur les calculettes hypothécaires.

– Ouais, un mur de brique, un balcon en coin, un bain sur pattes, un lit en palettes et un shitload de livres éparpillés avec lesquels je peux faire des constructions, comme des blocs Lego! Ah! Et un salon plein de coussins et des tables basses pleines de chandelles. Ah ouais, ce serait vraiment cool. Bienvenue dans la vie d’adulte, Leïla, allez, tu peux fantasmer, mais après, tu te calmes et tu pars d’abord en voyage (ouais, je me parle au «tu », des fois…).

Je n’y peux rien, j’ai toujours eu le cerveau un brin hyperactif: je joue à Candy Crush en regardant un film (j’en suis arrivée au niveau 2456, who beats that?), je fume en cuisinant, je paie des factures entre deux paragraphes de rédaction d’articles, après avoir réussi à terminer un Sudoku…. allez savoir pourquoi, quand vient le temps de tenter de garder le focus sur une idée précise, je divague.  Et la préparation de mon voyage n’avance pas du tout.

« BOOOOOOOOORIIIIIIING!!!! », me crie la petite voix dans ma tête, quand il est question de planification.

« Barcelone, ça pourrait être cool, il faudrait que je pratique mon espagnol. »

« La Grèce aussi, ça a l’air génial! L’eau y a l’air tellement bleue! »

« Ouais, mais à Londres, les gars ont un accent sexy. »

« Il faut que j’aille en Corse. On m’a dit que c’était extraordinaire! »

« Au fait, le mariage de mes amis en septembre, c’est dans quelle région, déjà? Non, il faut que j’arrête de dire que c’est le trou du cul du monde, mais si le trou du cul en question a l’air cute. »

« Aurai-je le temps d’aller en Suède avant l’hiver? J’ai horreur du crépuscule avant 16 heures. »

« L’Italie toute seule, est-ce que c’est dangereux? »

Et finalement, cette voix qui supplante toutes les autres hystériques dans ma tête qui se battent pour avoir raison: « TAYEULE, CÂLISSE. VAS-TU-LA-FERMER? TA. YEULE. »

Ouuuuffff. Ça fait du bien.

« Toujours remettre à demain ce que l’on pouvait faire hier » est mon nouveau dicton.

Allez, Leïla, ta gueule et va te coucher.

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