French Love Story

French Love Story

On dit que la meilleure façon de se remettre d’une peine de coeur, c’est de retomber amoureux. À Montréal, un homme m’avait quittée. J’ai ensuite largué Montréal à mon tour pour la France, pour laquelle j’ai eu un véritable coup de foudre.

L’Hexagone était pour moi avant que j’y mette les pieds une sorte d’icône mythique, un fantasme autorisé, comme si j’avais bavé pour un acteur de film et que j’avais eu l’occasion de le côtoyer en chair et en os. La France a été bien plus que cela. J’étais déjà conquise avant mon arrivée, je m’étais renseigné sur elle comme on lit sur une star dans les magazines à potins. J’en avais une idée idéalisée.

Tout le monde sait qu’aucun véritable amour n’est parfait. Mon histoire avec la France n’a pas été l’exception qui confirme la règle, mais elle s’est tout de même avérée extraordinaire. Oui, comme toute relation, il y a eu des hauts et des bas. Mais ce qui fait qu’on reste, c’est quand les peaks surpassent les downs, tant que ces derniers ne soient pas trop trash. Et j’aurais tellement envie de rester.

J’ai trouvé dans l’Hexagone une terre d’accueil, à la fois chaleureuse et allumée. Paris ne dort jamais, aussi insomniaque que Montréal. J’ai vécu ici un high émotionnel de trois mois où tous mes sens étaient en alerte. J’y ai développé mon goût pour le fromage et ai affiné celui que j’avais pour le vin. J’ai senti des odeurs de pain frais et de mer. J’ai vu des édifices haussmanniens, des maisons au toit de tuile ou d’ardoise. Des palmiers, des cygnes, des lézards… des bobos, des punks à chiens, des Parigots, des Provinciaux. J’ai senti sur ma peau l’effet des 40 degrés sans clim. J’ai entendu des accents différents d’un endroit à l’autre, comme toutes sortes de musique à mes oreilles

Paris est une faune où ses habitants sont forcés d’obéir à la loi de la jungle lorsqu’ils sont contraints de survivre dans la nature urbaine. Ses résidants sont une espèce facile à apprivoiser si on cesse de s’attarder aux préjugés du fait qu’ils seraient sauvages. Malgré le stress dont on n’a cessé de me parler et dont souffrirait la population locale, j’ai vécu à Paris – et encore plus dans le reste de la France – au jour le jour. Carpe diem.

J’ignore encore si je quitte samedi matin ou si je prolonge mon séjour de quelques jours afin de voir quelques paysages de plus. Le cœur me serre rien qu’à l’idée de quitter ce pays d’accueil. Oui, j’ai pleuré en petite boule sous la douche ce soir.

Je quitte des amis que j’en rencontrés, d’autres que j’ai revus, et d’autres que je reverrai à Montréal car ils viennent s’y installer. J’ai autant de peine que lorsque j’ai quitté les miens, dans la métropole québécoise, trois mois plus tôt. C’est dur, renoncer à ce à quoi on est attaché.

Je n’irai plus au Casse tous les jours discuter avec Alain de toutes les choses à voir dans le pays ou des anecdotes de journalistes de passage à la brasserie – Le Monde a déjà eu ses locaux à côté et l’AFP est située à même pas une toune sur un iPod de distance-, devant un café crème. Je ne contemplerai plus le bassin de La Villette avant de me coucher, au son qu’un musicien ambulant qui joue sa vie fait sortir de son instrument. Je ne boirai plus de vin à 5 euros la bouteille. Je… pleure.

J’ai mis ma vie à Montréal sur pause pour en commencer une autre, parallèle, à Paris. Un break de trois mois où j’ai eu l’impression de m’épanouir en apprenant sur une nouvelle culture et en découvrant un monde aux nombreuses possibilités. Je me sens comme un oiseau qu’on a libéré de sa cage mais qui doit y revenir parce que c’est là que se situe sa mangeoire…

Si je n’ai pas réussi à faire tous les items sur ma bucket list (j’en ai tout de même réalisé quelques un, mais l’histoire passionnelle avec un De Quelque Chose est à remettre à plus tard 😉 ) Voici toutefois quelques moments mémorables :

Le plus beau paysage : les rochers sur les côtes de Brignogan, en Bretagne

Le meilleur fromage : le Comté du Jura

La pire bouffe ever : L’andouille, suivi du kebab au coin de ma rue (même si les kebabs sont délicieux, d’ordinaire)

La plus belle rencontre : le dude british dans le métro (magie, magie !)

L’ambiance la plus sympathique : Le Clin’s 20, dans le 20e arrondissement

Le plus grand dépaysement : À Munich, en Allemagne, quand j’ai vu des gens boire de la bière relax dans le métro

Le moment le plus émouvant : revoir ma pote du lycée à Munich en se faisant 4000 hugs et en jasant jusqu’à 5h du matin EX ÆQUO avec voir mon amie virtuelle devenue réelle à Caen, en Normandie

La plus belle date : un mec qui avait lu mon blog et qui m’avait traînée dans un bar secret parce que c’était sur ma bucket list. C’était pas un « De Quelque Chose », mais un prénom composé donc c’est pareil

Le plus gros Fail : les services de la banque avec laquelle j’ai fait affaire en France… et l’administration… mais rien n’est parfait 😉

Le meilleur plat : un parmentier au canard… je veux la recette !

La plus belle découverte : le Pont des Arts avec ses cadenas d’amour

L’occasion manquée : le Louvre, le Cimetière du Père Lachaise, Montpellier, l’Espagne, le Pays-Basque…. aaaah, je dois revenir !

Je suis en peine d’amour. Excepté que ce coup-ci, c’est moi qui pars, non sans larmes. Paris, attendras-tu mon retour ? Janvier 2017… allez, on tente la relation longue distance, ça vaut le coup, je t’aime !

PS J’ignore si je pars samedi ou si je fais durer le plaisir quelques jours de plus…  (oui, je suis toujours une fille de dernière minute).

Une réaction au sujet de « French Love Story »

  1. Ton texte est magnifique, juste et plein de tendresse et de profondeur. La France a besoin de québécois ouverts d’esprit comme toi. Passe le message.

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