Défoncer la nouvelle année en campagne française

Défoncer la nouvelle année en campagne française

 

J’ai beau ne pas savoir prendre des décisions dans ma vie, je tiens mes promesses. Je suis donc retournée en Corrèze, afin de festoyer pour le Nouvel An. 

2017 a été de loin moins pire que 2016. « Mais ce n’était pas encore ça », que je me dis, perplexe et inquiète à l’idée d’affronter 2018. Je me suis littéralement pété le coccyx en tombant de ma chaise, juste avant minuit. J’espère que cet incident est gage du passé, mais pas de l’avenir… Ok, 2018, j’ai peur de toi, pour vrai !

Mais laissez-moi tout d’abord raconter les péripéties qui m’ont menée jusque là.

Vendredi, je suis revenue depuis Aix-en-Provence, en quittant les palmiers et les oliviers pour la campagne française.

Sitôt arrivée, mon coloc m’a présenté son grand-père, qui s’est exclamé spontanément à quel point il me trouvait belle… S’il avait eu mon âge, je lui aurais demandé de m’épouser, tellement j’étais flattée !

Le coloc, Guillaume, son pote Philippe et moi! Photo: Leïla Jolin-Dahel

Guillaume m’a ensuite traînée chez l’un de ses potes où nous avons commencé à boire, en mangeant un sanglier fraîchement chassé. Avec une sauce faite à partir d’un vin datant de 1980 et du confit d’oignon, c’était un pur délice ! À défaut d’avoir finalement aperçu un sanglier, j’en aurai au moins mangé ! Et je me suis servi une deuxième assiette, avant de rentrer aux petites heures du matin, le ventre trop plein et le foie fatigué.

Mmmmm, du sanglier! Photo: Leïla Jolin-Dahel

Le lendemain, nous sommes allés assister à un match de rugby opposant Brive-la-Gaillarde à Montpellier. Il est à noter que, d’habitude, lorsque je regarde un match de sport, l’équipe pour laquelle je prends perd inévitablement. Et comme Montpellier est la championne de la ligue, je m’attendais à ce que la tradition continue… mais non ! La foule de partisans a dû donner la force nécessaire à l’équipe de Brive puisqu’elle a gagné ! Et j’étais là pour voir ça, moi, la seule fille entourée de 10 mecs, en me joignant à eux pour crier et chanter des encouragements. La cerise sur le sundae, nous avons eu droit à un feu d’artifices après le match pour célébrer la victoire… et la nouvelle année qui débutait le lendemain !

Deux bières plus tard (je commençais déjà à être un peu pompette), nous avons poursuivi la soirée avec les filles du groupe, qui avaient entamé une dégustation de vins dans un bar spécialisé. Après avoir engouffré quelques morceaux de terrine et de fromage pour ménager mon foie, j’ai donc continué ma saoulerie au vin rouge.

L’un des potes de Guillaume avait amené son accordéon. Avec la permission du patron de l’établissement, il s’est mis à jouer des chansons locales, mais également des succès de la musique populaire. L’un des gars sur place m’a entraînée illico dans une valse festive ! Vous aurez certainement de la difficulté à le croire, mais j’avais 16 ans la dernière fois où j’ai dansé avec un garçon. Je l’ai donc remercié de sa galanterie ! Décidément, les Corréziens ont ce petit quelque chose qui date d’une autre époque et qui a tendance à se perdre chez les hommes d’aujourd’hui (oui, je suis vieux jeu de même).

La soirée s’est ensuite poursuivie dans un autre bar de Brive, où les gars avaient commandé huit Guiness. Après en avoir vu un se péter la gueule littéralement en fonçant dans une porte (il avait le nez en sang, le pauvre !), et se faire raccompagner, je savais que si j’entrais au bar, je ne boirais que de l’eau, au risque de finir comme lui. C’est ce qui s’appelle « apprivoiser ses limites en sol français », qui ne sont pas les mêmes qu’à Montréal, je précise. Et en Corrèze, ça boit !

Depuis mon arrivée en France, je constate que le fait d’être malade en raison de l’alcool est moins tabou qu’au Canada… À Montréal, j’éprouvais toujours une honte les fois où ça m’arrivait, et je voulais me cacher au fin fond de la ruelle pour vomir à l’abris des regards… Ici, cela paraît courant, voire quasi-normal… Tout le monde dégueule de temps à autre, relaxe, et ça fait partie de la vie… Et en France, il faut faire comme les Français! 😀

Mais comme nous n’étions que le 30 décembre, je voulais garder des forces pour le lendemain. La soirée du Nouvel An a eu lieu à Le Jardin, petite commune de 87 âmes. J’ai ainsi appris qu’après les villes et les villages, les municipalités plus petites sont des bourgs, et ensuite, des lieux-dits. Et plus petit qu’un lieu-dit ? ai-je demandé. « C’est la forêt ». Ici, le temps s’arrête. On a l’impression de déconnecter de tout, au beau milieu des arbres.

Une petite route corrézienne. Photo: Leïla Jolin-Dahel

Vers 16h00, tout le monde est arrivé pour cuisiner des tartiflettes, du parmentier, des bouchées au saumon fumé, des huitres, et plein d’autres victuailles pour nous sustenter.

Après un plusieurs verres de pinot noir alsacien avec des bulles, j’ai testé le punch, composé de plusieurs alcools forts. Délicieux, mais traître ! Comme nous étions 25 à boire, plusieurs d’entre nous avons perdu nos verres en étant contraints de s’en servir un autre. Vin rouge, blanc, bulles, punch, etc… j’ai tout mélangé ce soir-là.

Alors que nous étions en train de chanter, de danser, et de continuer à boire, nous avons réalisé que 2018 commençait dans à peine cinq minutes ! Dire que nous avons failli louper le changement d’année à cause de notre état !

Entre filles, nous nous étions même donné le mandat de se tenir mutuellement les cheveux dans les buissons en cas d’excès et de malaise… Heureusement, personne ne s’est rendu jusque là ! J’ai toutefois raté mon siège de chaise en tentant de m’asseoir, pour me retrouver cul par terre, avec le verre à moitié renversé sur moi. Au moment d’écrire ces lignes, j’ai encore mal au c…

Ce n’est qu’une fois 2018 entamée que nous nous sommes tous assis pour le repas… en continuant encore une fois à boire ! J’ai finalement daigné regagner mon lit vers 4h00 pour décuver, en me promettant de commencer un régime pour perdre les kilos gagnés durant les dix derniers jours.

J’aurais voulu que ce temps des Fêtes n’arrête jamais (ok, sauf peut-être le débit impressionnant d’alcool et la quantité immense de nourriture), tellement ces moments ont été plein de surprises inattendues et de belles rencontres.

Je quitte donc la Corrèze à regrets, afin de prendre un train pour retourner vers Paris. J’ignore encore quelle sera ma prochaine destination, mais je viendrai sûrement à une décision d’ici quelques jours, le temps de me remettre de mon marathon des Fêtes. En espérant que ma résolution de faire un régime tienne le coup!

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