Canicule, never forget

Canicule, never forget

Après un mois de pluie et un temps à donner le goût de s’enfuir plus au sud, la canicule vient de tomber sur Paris. J’entends les gens râler (as usual) sur la pollution et l’humidité, mais j’avoue que cette soudaine montée du mercure fait mon bonheur.

À Montréal, en hiver, il fait tellement froid qu’on perd tout sens du fashion. Arrivée ici, après avoir (vainement) tenté de faire preuve de style, j’avais déclaré forfait à cause de la pluie et des allergies.

Mais le beau temps qui illumine Paris ces derniers jours a fait que j’ai sorti mes robes et ma féminité du placard. J’ai réalisé que la barrière des 25 degrés Celcius, sauf pour mes cheveux qui frisent, me donnait plus de classe malgré tout. Ce qui ne m’empêche pas d’être prête à vendre mon Royaume contre l’accès à une piscine.

J’ai troqué mes grosses simili-bottes d’armée (c’est pas de ma faute, ma valise a fait exploser la balance de l’aéroport et j’ai dû la vider de quelques trucs juste avant d’embarquer dans l’avion qui m’a menée ici) contre de jolies sandales, et en prenant des cachets aux 8 heures, j’arrive à dompter mes allergies et à laisser mes lunettes dans leur étui trois jours sur quatre. J’ai seulement hâte que le soleil ne rajoute quelques frickles sur mon visage à l’air déjà espiègle.

J’ai appris que ce qu’on porte durant les canicules s’appelle un débardeur, pas une camisole. Pourtant, le mot « débardeur » évoque en moi les trucs horribles en laine sans manche que les fils à papa puceaux jusqu’à 40 ans (oui, je juge) mettent par-dessus une chemise et sous un veston. Ici, quand j’ai lâché spontanément que je voulais m’acheter d’autres camisoles, on m’a demandé de quel trouble psychiatrique je souffrais. Ouaip, ça a l’air qu’ici, on ne se ballade pas en camisole ; on s’attache avec.

Je commence lentement à me faire des potes, qui m’apprennent d’obscurs mots provenant de Lyon. « Du coup », je trouve que toute nouvelle expérience est biv, tellement que j’ai envie d’aller avec mes srabs à Disney, mais j’ai finalement laissé tomber l’idée d’aller visiter les Catacombes de manière officieuse quand j’ai réalisé qu’il fallait se promener avec de l’eau jusqu’à la taille et que les chemins n’étaient pas sûrs ni solides. J’ai d’autres plans que de crever dans le noir au milieu de squelettes.

Sinon, triste d’apprendre la nouvelle que le Pont des Arts allait finalement être débarassé de ses cadenas, j’ai eu la chance de tomber par hasard sur le Pont de l’Archevêché et de voir que ce dernier avait également reçu plein d’amour en métal de la part d’amants fantasques. Je me suis dit qu’avant mon retour à Montréal, j’allais y ajouter une serrure de plus, quitte à y écrire Married with myself after dumping Montreal for Paris. En attendant, je n’ai toujours pas laissé tomber l’idée de vivre une histoire passionnelle avec un De Quelque Chose, même si j’ai décidé d’effacer l’application Tinder.

So, en somme, tout va bien et Montréal me manque de moins en moins.

L'amour est plus fort que tout sur le Pont de l'Archevêché. PS En arrière, Notre-Dame-de-Paris (pas la pièce de Plamondon, mais le lieu de résidence de Quasimodo)
L’amour est plus fort que tout sur le Pont de l’Archevêché. PS En arrière, Notre-Dame-de-Paris (pas la pièce de Plamondon, mais le lieu de résidence de Quasimodo)

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