Bonheur éphémère, pompette dans le métro

Bonheur éphémère, pompette dans le métro

Lille. Je pars pour la Suède dans deux jours. Avant le changement d’une vie, l’improbable se produit souvent.

J’avais mis mes écouteurs, dans le métro. Moi qui préfère d’ordinaire jouer à Candy Crush ou me perdre dans mes pensées en regardant les actualités sur Facebook afin d’éviter toute interaction sociale un peu louche.

Ce soir-là, j’avais tchoké une soirée au Casino, en préférant rentrer en transports en commun, craignos à une heure tardive, plutôt que de profiter d’un lift de mes amis un peu trop saouls pour conduire.

Et c’est là que je l’ai vu. Dans le métro. J’avais mes écouteurs aux oreilles, signe que je ne veux pas être dérangée. Je préférais l’ambiance sonore rétro de Cindy Lauper à une interaction sociale quelconque.

Et pourtant. Il était là. Face à moi. Lui aussi, avec ses écouteurs sur les oreilles. Lui non plus, il ne voulait pas être importuné.

J’étais un peu saoule, vêtue de mon manteau canadien trop chaud pour l’hiver français (même au nord!). Il était face à  moi, avec sa barbe de deux jours, et ses yeux bleus dans la graisse de bean.

Nous étions deux âmes perdues. Dans le métro, vers C. H. Dron (qui mène vraiment fucking proche de la Belgique, mais en restant en France, yo, faut que j’aille en Belgique un moment donné).

Mon iPod a switché sur un slow de Lord Huron. Take me back to the night we met. Ça tombe bien, c’est ce soir qu’on se rencontre, lui et moi.

« I am not the only traveler
Who has not repaid his debt
I’ve been searching for a trail to follow again
Take me back to the night we met »

Tsé, c’est fou, quand t’es un peu saoul, comme tu feeles les paroles d’une toune par rapport à ta propre vie.

Les yeux de l’inconnu m’ont ramenée à mes propres questionnements, que j’aurais voulu noyer dans son âme. Vive l’alcool! Fuck…

Bref, on jouait au chassé-croisé de regards qui se fuient, mais qui se cherchent.

Comme une adolescente naïve. Ce soir-là, j’ai eu à nouveau 15 ans.

C’était ma station. Je sentais qu’il cherchais mes yeux comme je voulais les siens.

Je lui ai lancé un sourire, avant de sortir du wagon.

Il m’a regardée… comme si le temps s’arrêtait.

Je suis sortie. Il est resté dans le train.

Instant présent. Bonheur éphémère.

J’ai rejoué la chanson en boucle sur mon iPod. Souvenir de ce quelques minutes déjà devenues passées.

Je décolle pour la Suède lundi.

L’amour existe (peut-être) encore. Je ne sais pas. Mais je vais faire de beaux rêves cette nuit, grâce à cet inconnu du métro auquel j’aurais (peut-être) dû demander son nom.

 

 

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