Une folie sur Paris

Une folie sur Paris

Je m’appelle Leïla, j’ai 33 ans. Je ne sais pas ce que je veux et je suis pleine de contradictions. La dernière en date remonte à il y a à peine deux minutes, quand j’ai accepté une offre en or d’appartement sur Paris dès janvier. Oui, je retourne vivre dans la Ville Lumière. 

J’ai pris cette décision après avoir emménagé à Paris Levallois-Perret durant près de deux mois (pour un gars, une erreur à ne pas répéter), après avoir râlé contre le snobisme et le côté superficiel de certains, après m’être peu à peu acclimatée en me faisant de nouveaux amis, en mangeant trop de fromage et de sushis… pour au final quitter l’Île-de-France en sauvage sans aucune intention précise à son égard…

« La folie, c’est de se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent », avait pourtant déclaré Albert Einstein. « Il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée », dit un autre adage.

Je me rassure dans ma décision en me répétant que j’ai modifié quelques paramètres de l’aventure précédente pour vivre celle qui m’attend: j’habiterai seule, intra muros, à la limite du 10e et du 19e arrondissement. Dans un appartement d’adulte. Moi, la wannabe-grande-personne.

C’est vrai, depuis que je suis ici, je suis passée d’un paquet à cinq clopes par jour, j’ai troqué mes gougounes et mes t-shirts de geekette contre des talons hauts et des pulls à col Claudine de chez Naf Naf et Claudie Pierlot… Et je suis sur le point de prendre rendez-vous pour une manucure… Certains appellent cela la maturité; moi, je préfère le terme « processus évolutif dont l’issue peut être un progrès ou une régression ». Bref, on verra ben, câlisse.

J’ignore si c’est la France qui me fait cet effet temporaire ou si je vieillis réellement de façon permanente. Quoique… depuis que je suis ici, je n’arrive plus à tenir la bière, mais le vin, no stress. Ah, et, avant de quitter Paris, j’étais en mode « je sors tous les soirs!!! ». J’espère récidiver, question d’entretenir ma jeunesse.

Bref, j’ai pris un appartement sur Paris. Dans le vrai de vrai Paris, 75.  J’y retourne pour moi, cette fois-ci. Pourquoi? Je sais pas. Simplement parce que j’en ai envie.

Ok, aussi parce que j’ai peur de voyager toute seule. 

  1. Je suis nulle pour organiser des voyages. Je me suis toujours fiée sur les autres pour toutes les tâches pénibles de réserver l’hôtel, l’avion, pour choisir les restos, les activités.
  2. Voyager toute seule me fait peur. Et si je m’emmerdais? Je suis trop timide pour aller vers les gens juste comme ça.

Je suis une grande peureuse qui ne s’assume pas. Je l’avoue et j’en suis peu fière. Mais c’est ça pareil.

Et puis je suis de celles qui croient aux deuxièmes chances. Paris, 2018.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :