Requis: formulaire A-38

Requis: formulaire A-38

Les préjugés quant à la lourdeur de l’administration française sont vrais. Ouvrir un compte bancaire ici s’avère une mission périlleuse.

Ne connaissant rien du système bancaire français, j’avais cru bon de me renseigner en étant encore à Montréal. On m’avait dit que la carte bleue était l’équivalent de la carte de crédit, mais que le découvert autorisé était lié directement au compte bancaire, que les taux d’intérêts sur les comptes d’épargne frisaient le 3% – une offre intéressante, quand on compare aux banques canadiennes, dont le taux peine à dépasser 1% – et qu’il était moins facile de devenir client qu’à Montréal.

Comme je ne suis ici que pour trois mois (théoriquement), j’aurais jugé la pertinence de posséder un compte français nulle si ce n’était du fait que mes indemnités de stage sont déposées en euros. Bref, je ne vois aucune utilité à court terme à la carte bleue et aux comptes d’épargne.

Au Canada, pour ouvrir un simple compte, il suffit de prendre rendez-vous avec une institution financière, d’avoir en sa possession deux pièces d’identité, dont une avec photo, et de ne pas avoir l’air trop louche/fraudeur potentiel. Nul besoin de déposer de l’argent, d’avoir un numéro de sécurité sociale, de preuve de résidence, etc.

Mais mon véritable calvaire n’est pas tant au niveau des pièces requises, mais surtout par rapport au fait que les banques ici ne sont jamais ouvertes.

Lunatique de nature, je n’avais pas cru bon de vérifier les heures d’ouverture au préalable. Je me suis donc heurtée la première fois à une porte fermée. J’ai ensuite porté attention à l’horaire de la banque près de chez moi, qui ferme à 20h. Terminant le boulot à 18h30, j’ai naïvement pensé que le fait de me présenter afin de prendre rendez-vous allait être une procédure simple.

– Ah mais non, à 19h, madame, les conseillers sont partis. On ne prend pas de rendez-vous, présentez-vous samedi matin et on vous ouvrira un compte.

Parfait. Samedi matin, donc, ayant en ma possession mon passeport, mon permis de conduire québécois, ma preuve de résidence, et autres papiers que je sais requis, je me rends à la banque située au coin de ma rue.

Plus d’une heure d’attente plus tard, je me fais dépasser par une fille qui, selon moi, ne sait pas vivre et avec qui j’échange quelques insultes sur nos mères respectives (j’exagère à peine, mais pour ma défense, c’est elle qui a commencé).

Mon tour arrive finalement.

– Ah, mais madame, on ferme! Revenez cette semaine.

– Pardon?

– On ne prend plus de client.

– Mais ça fait plus d’une heure que j’attends et qu’il est impossible de prendre un rendez-vous…

Bref, l’échange avec le banquier a été de loin plus respectueux que celui avec la cliente qui m’avait dépassée, mais je n’ai toujours pas de compte bancaire. On m’a proposée une carte bleue et exigé d’avoir des sous sur mon compte, on m’a dit de revenir, mais on a refusé de me servir, en m’assurant que je « serais traitée en priorité mercredi soir si j’arrivais à me libérer du boulot plus tôt ».

J’espère honnêtement que la prochaine fois que je daigne me présenter dans une institution financière française, j’arrive à mes fins. Je tiens à décerner le Prix du Fail monumental aux services à la clientèle des différents organismes que j’ai connus depuis mon arrivée.

En attendant, je me rappelle tristement la scène de la Maison des Fous dans Les 12 travaux d’Astérix en me disant qu’au moins, j’ai une preuve de résidence à leur fournir pour leur prouver que je ne vis pas à l’hôtel ou sous un pont.

À suivre…

Une réaction au sujet de « Requis: formulaire A-38 »

  1. Tu nous raconteras la suite quand tu arrives cette année. La banque c’est pas le pire, attends de découvrir les autres administrations 😉
    En tout cas, tu as un style d’écriture bien sympa, très appréciable à lire.

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